Un lieu centenaire

Situé à l’angle de la rue de Charonne et de la rue Faidherbe dans le 11e arrondissement de Paris, le bâtiment qui abrite le Palais de la Femme a connu plusieurs vies avant de devenir en 1926 un des fleurons de l’action sociale de l’Armée du Salut à Paris.

1910 : Construction du bâtiment

Le bâtiment qui abrite aujourd’hui le Palais de la Femme est construit en 1910 par les architectes Auguste Labussière et Célestin Longerey. Imaginé à l’origine comme un hôtel populaire pour hommes, il compte alors 750 chambres et de nombreux espaces collectifs, offrant un confort rare pour l’époque.

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1914 :  Un bâtiment au service de l’effort de guerre

Avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale, l’hôtel est réquisitionné et devient un hôpital militaire secondaire, accueillant des soldats blessés en convalescence. Après la guerre, il est utilisé comme annexe du ministère des Pensions avant d’être progressivement desaffecté.

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1926 : naissance du Palais de la Femme

Face à la pénurie de logements sûrs pour les femmes seules à Paris, les Commissaires Blanche et Albin Peyron, figures majeures de l’Armée du Salut en France, portent un projet novateur : créer un grand foyer pour jeunes ouvrières, surnommées les « midinettes ». Grâce à une campagne nationale de souscription (« 1 000 francs = une chambrette »), le bâtiment est racheté et réhabilité. Le 23 juin 1926, le Palais de la Femme est officiellement inauguré, sous le haut patronnage de Gaston Doumergue, président de la République.

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Blanche Peyron

Un projet pionnier

Le nom même de Palais de la Femme marque une rupture avec les représentations de l’époque. Il affirme une ambition forte : offrir aux femmes hébergées un lieu digne, protecteur et valorisant, à l’abri de l’exploitation, de l’errance et de la précarité.

Durant près de 80 ans le Palais de la Femme deviendra le plus grand hôtel féminin d’Europe, comprenant jusqu’à 720 chambres, et accueillera des milliers de femmes dans un logement sûr au cœur de Paris avec des infrastructures modernes comme un restaurant collectif, un gymnase, un salon de thé, un service d’aumônerie. Le restaurant collectif se transformera en cafétéria ouverte au public et une pizzeria verra le jour à la fin des années 80.

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2006–2009 : Une réhabilitation majeure

Le Palais de la Femme fait l’objet d’une importante réhabilitation, permettant de moderniser les espaces tout en préservant le patrimoine architectural. L’établissement est restructuré pour répondre aux enjeux contemporains de l’hébergement et de l’accompagnement social.

Il est désormais composé de 350 logements pouvant accueillir 400 personnes.

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2014 : Diversification des publics

Tout en conservant une majorité de femmes accueillies, le Palais de la Femme élargit ses missions et s’ouvre à de nouveaux publics :  hommes isolés, familles, jeunes majeurs, dans une logique de mixité sociale et de prévention de l’exclusion.

DOGAMI Ahmet - jeune accueilli et accompagné par Metz/Le passage a été cherché son costume pour une recherche d'emploi

2026 : les 100 ans du Palais

Le Palais de la Femme célèbre un siècle d’accueil, de solidarité et d’engagement. Une année ponctuée d’événements pour faire mémoire, donner la parole aux personnes concernées et affirmer l’avenir d’un lieu emblématique de l’Armée du Salut.

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Image d'architecture sur la rénovation du Palais de la Femme

Un partenariat créatif pour le centenaire

À l’occasion des 100 ans de l’établissement, un film en motion design a été réalisé, dans le cadre d’un partenariat pédagogique, par des étudiantes de l’Ecole des Gobelins Paris. Depuis 1926, le Palais de la Femme accueille et accompagne des femmes en situation de précarité. En un siècle, près de 70 000 femmes y ont été hébergées et soutenues dans leur parcours de reconstruction. Pour raconter cette histoire singulière, sept étudiantes en motion design ont mené pendant plusieurs mois un projet collectif mêlant archives, illustrations et animation. Leur travail s’est nourri de rencontres avec des résidentes et des salariés et d’une exploration de l’architecture et de la mémoire du lieu. La musique originale a été composée par Antoine Martre, ancien élève du Conservatoire internationale de Musique de Paris.